HOMMAGE À MICHEL BASSOMPIERRE
C’est avec une immense tristesse que nous avons appris la disparition de Michel Bassompierre. Artiste majeur de la scène contemporaine, il s’est éteint brutalement, laissant derrière lui une œuvre profondément singulière, habitée par la douceur, la force tranquille et un respect absolu du vivant.
Né à Paris en 1948, il développe très tôt une fascination pour le monde animal. « Depuis mes 4 ou 5 ans, je n’ai pas arrêté de les dessiner », confiait-il. Il n’aura, toute sa vie, cessé de les observer, de les comprendre, de les modeler. Formé aux Beaux-Arts de Rouen, il affine un regard d’une rare justesse, donnant naissance, depuis les années 1970, à une œuvre reconnue et collectionnée à travers le monde.
L’un des derniers grands maîtres modeleurs de sa génération, Michel Bassompierre a su insuffler à la matière une présence unique. Avec ses ours, ses gorilles, ses éléphants, il a créé des formes pures, apaisées, presque silencieuses, qui touchent sans jamais s’imposer. « Ce que je trouve beau dans la nature, je peux le partager pour ouvrir les yeux », disait-il. Derrière chaque sculpture, une sensibilité profonde, une manière rare de capter l’essence du vivant.
Homme discret et profondément humble, il créait avec une liberté totale, parlant de ses œuvres comme de simples « jouets », faits d’abord pour lui. « Je suis un vieil enfant qui continue à faire ses jouets. » Son travail, empreint de tendresse et de respect, était une ode à la nature, mais aussi un rappel de sa fragilité.
Aujourd’hui, ses sculptures demeurent. Elles continueront de veiller, de toucher, et de faire vivre cette poésie si singulière qui était la sienne.
Nos pensées les plus sincères accompagnent sa famille, ses proches et son équipe.
Crédit photo : Nikos Aliagas